Reprise des séances en cabinet et covid-19

Je privilégie toujours les séances en visio ou par téléphone, tout aussi efficaces que les séances en présentiel. Toutefois, si cela n’est pas possible pour vous, les séances peuvent avoir lieu au cabinet à partir du 18 mai en respectant des précautions nécessaires pour éviter la propagation du virus.

Ne seront pas admises en cabinet :

– les personnes à risque

– les personnes présentant un ou des symptôme(s) pouvant faire penser au covid-19 : rhume, mal de gorge, fièvre, sensation de fatigue, maux de tête, perte du goût, perte de l’odorat, symptômes digestifs… Dans ce cas, merci de me prévenir pour décaler votre rendez-vous ou le faire en visio ou par téléphone.

– les personnes ne respectant pas les précautions nécessaires

Les précautions à respecter :

– venir seul(e) sauf pour accompagner un enfant ou une personne dépendante

– arriver juste à l’heure du rendez-vous pour ne pas utiliser la salle d’attente. Si vous êtes en avance, merci d’attendre à l’extérieur.

– prendre vos dispositions afin de ne pas avoir à utiliser les toilettes

– venir avec le moins d’effets personnels possible (veste, sac…)

– entrer dans le cabinet et en sortir avec un masque. J’en porterai un également à votre arrivée et à votre départ. Vous pourrez l’enlever lors de la séance elle-même lorsque nous serons séparés par une protection en plexiglas.

– utiliser du gel hydro-alcoolique au début et à la fin de la séance

– apporter votre propre plaid pour une séance d’hypnose

– apporter votre propre crayon pour remplir votre chèque

Entre les séances (espacées de 30 mn minimum) :

– le cabinet sera aéré

– les éléments sensibles seront désinfectés (fauteuil, protection en plexiglas, poignées de porte…)

Vous pouvez prendre rendez-vous dès maintenant en ligne : réserver

ou en appelant le secrétariat au

0750873367

Mesures sanitaires et double contrainte

Qu’est-ce que la double contrainte ?

C’est un concept qui nous vient de l’école de Palo Alto et qui donnera naissance aux thérapies systémiques / familiales.

C’est dans les années 50 que Bateson théorise les mécanismes de la schizophrénie. La maladie mentale est un mode d’adaptation à un contexte paradoxal. Parmi les paradoxes, on trouve la double contrainte.

La double contrainte comprend 2 injonctions paradoxales, à savoir 2 ordres, qui ne peuvent être satisfaits à la fois. Si l’on obéit à l’un, on viole forcément l’autre, bref un choix impossible. La double contrainte n’existe que dans une relation d’autorité qui ne permet pas de critiquer l’absurdité de la situation. Selon Bateson, ce serait une des origines de la schizophrénie.

Voici un des exemples donné par Watzlawick :

Une mère rend visite à son enfant à l’hôpital et lui offre deux cravates, une bleue et une rouge. À la visite suivante, l’enfant se présente avec la cravate rouge. La mère lui dit : « tu n’aimes pas la cravate bleue ? » À la visite suivante, l’enfant se présente avec la cravate bleue. La mère lui dit : « Tu n’aimes pas la cravate rouge ? » ? À la visite suivante encore, l’enfant se présente avec les cravates bleue et rouge à la fois au cou et sa mère lui dit : « Ce n’est pas étonnant que tu sois placé en pédopsychiatrie » !

La seule solution est de devenir fou

Les doubles contraintes dans le contexte sanitaire actuel

Vous l’avez déjà remarqué, on est asséné de doubles contraintes depuis les mesures sanitaires prises par le confinement :

Il faut limiter les déplacements au maximum, à ce qui est vital mais il faut aller voter !

Il faut rester chez soi et ne pas aller travailler quand ce n’est pas vital pour le pays mais il faut aller travailler pour faire marcher l’économie !

J’ai peur pour la santé mentale des Français face à ces doubles contraintes.

Alors pour la préserver, faites en votre âme et conscience. Et surtout prenez soin de vous.

Mesures de confinement et deuils à faire

Je ne sais pas comment ça se passe pour vous depuis la semaine dernière. C’est un moment pas évident à gérer pour tous.

Je partage mon vécu et mon analyse qui pourront peut-être aider certains à comprendre ce qui se passe en eux et de l’accepter pour retrouver la paix intérieure.

Il est rare qu’un thérapeute parle de son vécu personnel, mais comme je suis une grande fan d’Irvin Yalom, je m’autorise l’auto-dévoilement dans le but de vous aider 😉

1er deuil

Pour moi, tout a commencé fin février. L’EHPAD où réside ma mère nous prévient que les visites sont réduites à 1h par jour et 1 personne par résident avec toutes les précautions d’usage : prise de température des visiteurs, lavage de mains avant et après la visite, inscription sur un registre de visites. Jusque là, tout se passe bien. Ce sont des mesures de bon sens.

Les choses se gâtent il y a 9 jours. Je fais 60 kms pour aller voir ma mère en EHPAD. Sur place, j’apprends que les visites sont limitées aux conjoints. Après quelques secondes de sidération, c’est la colère qui monte : Pourquoi seulement les conjoints ? C’est tout le monde ou personne ! Et pourquoi ne pas avoir été prévenus ? Ensuite, je tente de marchander, en vain. La colère reprend le dessus et perdure jusqu’au lendemain, où toutes les visites deviennent interdites.

Pour aller mieux, je me pose pour analyser ce qui se passe en moi. Je suis dans les premières phases d’un deuil. Effectuant un stage en Équipe Mobile de Soins Palliatifs et accompagnant des personnes en deuil, je connais bien les phases du processus de deuil. C’est d’ailleurs le sujet de mon mémoire de master 2 de psycho;)

Le théorisation du processus de deuil la plus connue est celle qu’Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre suisse, a développée, à la fin des années 60, pour les personnes en fin de vie. Depuis, d’autres chercheurs ont étudié le processus de deuil et selon les auteurs le nombre de phases varie entre 4 et 5.

OK, la phase de choc (ou de sidération) accompagnée de déni a été très brève. La colère a suivi et a alterné avec le marchandage. En effet, les phases ne sont pas distinctes, elles peuvent alterner ou se chevaucher. La peur de ne revoir ma mère que quand la maladie d’Alzheimer aura évolué et qu’elle ne me reconnaîtra plus, d’abord inconsciente, est devenue consciente. Je savais que la phase dépressive était nécessaire pour avancer dans le deuil alors je me suis autorisée à pleurer pour pouvoir réinvestir le présent et accepter la situation.

L’avantage d’avoir travaillé sur soi, de bien se connaître et de connaître les phases du deuil permet d’accélérer le processus d’acceptation.

2ème deuil

Quand jeudi soir il a été annoncé que tous les établissements scolaires fermaient, je n’ai pas été touchée outre mesure. Mes enfants sont adultes 😉 . Certes, le rendez-vous au collège, où nous projetons d’organiser un salon en octobre, a été annulé. Certes, je m’attendais à des annulations de rendez-vous de parents qui auraient les enfants à la maison. Cependant, pas de grosse catastrophe !

Et samedi soir tout a basculé. Grosse phase de sidération jusqu’à dimanche matin. Il fallait prendre la décision de fermer le cabinet et d’annuler toutes les activités de groupe. Entre déni et marchandage : Est-ce que mon activité est indispensable ? Probablement pas si on comprend indispensable comme vital. Ce fut l’effervescence sur les groupes de psychologues, hypnothérapeutes pour répondre à cette question sans directives claires… Je savais que je devais fermer.

La colère s’est mélangée à la peur. Pourquoi annonce-t-il cela à la dernière minute ? Pourquoi ne pas l’avoir dit jeudi soir ? Pourquoi ne pas nous laisser du temps ? Je m’attendais à cette annonce mais seulement 1 semaine plus tard. De quoi va-t-on vivre ? Je n’ai pas de quoi payer mes charges fixes de mars du cabinet. Ne parlons pas du salaire… Colère, peur, colère, peur, colère, peur, marchandage. En fait, on est peut-être indispensable ? On peut peut-être laisser le cabinet ouvert ?

Il fallait parer au plus urgent : avertir les personnes qui avaient rendez-vous que la seule possibilité était des séances en visio. Une fois cela fait, je me suis autorisée à vivre la phase dépressive pour accepter. J’ai encore à manger dans les placards et un peu au congélateur, je pourrai manger jusqu’à la fin du mois. J’ai un toit, de l’eau, du chauffage…

3ème deuil

Lundi matin, je découvre que la fac nous a envoyé un message dans la nuit pour nous annoncer que nos stages étaient suspendus. Les larmes aux yeux, je préviens ma tutrice de stage qui m’annonce qu’elle valide toutes mes heures (il me restait 8.5 heures à faire sur 500). C’est triste de terminer un stage ainsi après 14 mois. Pas de pot de départ, pas de rituel pour aider à la séparation. Ce n’est que partie remise quand tout sera rentré dans l’ordre…

4ème deuil

Je n’ai pas de 4ème deuil à faire car je m’attendais à l’annonce d’hier. Juste avant, je suis allée voir mon fils pour lui dire qu’on ne se reverrait certainement pas pendant les prochaines semaines. Je lui ai dit au revoir sans l’embrasser et en restant à 1 m de lui.

Aujourd’hui, je suis dans la phase d’acceptation. Ce matin, j’ai fait un peu de rangement et de ménage. Symboliquement, c’était important. Le rangement et le ménage intellectuels se sont faits en même temps. Je suis prête à réinvestir le présent. Quand j’aurai publié cet article, j’ai prévu de mettre sur papier un planning pour les 15 prochains jours (mémoire de psycho, prépa des examens de juin, ménage de printemps, moments pour prendre soin de moi…). Et ce soir, nous faisons une réunion en visio avec les praticiens bien-être d’Eure-et-Bien pour mettre en place des actions pour vous aider à passer ce cap.

Alors à tout bientôt pour vous annoncer ce qu’on peut vous proposer pour votre mieux-être en cette période ou pour des séances classiques en visio.

En attendant, prenez soin de vous.

séances à distance

Suite à l’annonce faite de fermer les lieux recevant du public, le cabinet est fermé actuellement. Cependant, certains ont besoin d’une thérapie, d’autant plus que la situation actuelle peut provoquer des angoisses.

Je propose donc des séances à distance, que ce soit en hypnose ou en ICV, le temps que la situation évolue.
Merci de préciser, lors de votre prise de rendez-vous, qu’il s’agit d’une séance en visio. Je prendrai alors contact avec vous pour les modalités.
Prenez soin de vous.

Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne : Resalib

ou contacter le secrétariat au 07 50 87 33 67

De la critique à l’auto-critique

« T’es nul(le) », « Tu n’y arriveras jamais », « T’as sûrement beaucoup mieux à faire que de te reposer »… Ces petites voix intérieures sont assez fréquentes chez les personnes que je reçois. Les problématiques d’image de soi – estime de soi et confiance en soi – sont de plus en plus répandues dans notre société. Il faut être un gagnant, être toujours plus performant, peu de place aux marques de reconnaissance. Avez-vous déjà remarqué que naturellement nous sommes enclins à dire ce qui ne va pas alors que valoriser ce qui va est beaucoup plus rare ?

Selon Charles Pépin, philosophe, « La confiance en soi vient d’abord des autres. »

Faisons un petit détour vers la théorie de l’attachement pour comprendre. Pour se construire, l’enfant a besoin d’une figure d’attachement – souvent la mère même si de plus en plus le père peut en être une. Cette figure d’attachement est une base de sécurité pour l’enfant. C’est à partir de cette base que l’enfant va pouvoir explorer son environnement. En cas de danger, il peut retourner vers sa figure d’attachement. Si elle réagit adéquatement, l’enfant développe un attachement sécure. On peut donc dire que c’est cette figure d’attachement qui permet à l’enfant de construire sa confiance en lui. Une figure d’attachement qui ne réagit pas à la demande de sécurité de l’enfant est aussi destructrice qu’une figure d’attachement qui surréagit. L’enfant développe alors un attachement insécure. Pas d’exploration possible pour l’enfant à qui on n’autorise pas l’exploration donc pas de confiance en l’environnement et en ses capacités, pas de sécurité pour l’enfant qu’on ne rassure pas quand il explore donc pas de confiance en l’autre. Ces modalités d’attachement restent stables tout au long de la vie si on ne fait pas un travail dessus, c’est ce qui fait qu’on retrouve plus tard les mêmes modalités d’attachement dans ses relations amoureuses par exemple.

Il existe aussi des phrases assassines que l’enfant a entendues très tôt, ces phrases que je citais au début de l’article par exemple : « T’es nul(le) », « Tu n’y arriveras jamais », « T’as sûrement beaucoup mieux à faire que de te reposer »… Nous avons intériorisé ces phrases et elles reviennent automatiquement sans qu’on puisse les contrôler. Parfois, on les entend avec la voix de la personne qui les a prononcées dans notre enfance. Parfois, on les a tellement faites siennes que le « je » remplace le « tu » : « Je suis nul(le) », « Je n’y arriverai jamais », « J’ai beaucoup mieux à faire que de me reposer »… Comment avoir confiance en soi avec toutes ces pensées automatiques dysfonctionnelles ? C’est la modification de ces pensées ou plutôt le remplacement de ces pensées par des pensées alternatives plus adaptées qui sont travaillées dans les thérapies cognitivo-comportementales.

Par ailleurs, tout au long de notre vie, nous rencontrons ce que nous pouvons appeler des « mentors » qui, par une parole, peuvent nous donner confiance en nous, en quelque sorte réparer ce qui a fait défaut au début de notre vie : un enseignant, un coach sportif, un employeur qui croit en nous… Parfois, une parole suffit.

Les problématiques directement reliées à ce manque de confiance en soi sont diverses : timidité, peur de parler en public, manque d’affirmation de soi (difficultés à dire non), importance du regard des autres, perfectionnisme, procrastination, difficulté à sortir de sa zone de confort, à décider…

Cependant, d’autres problématiques qui ne sont pas directement liées à la confiance en soi peuvent apparaître. Le fait d’être sans arrêt critiqué lors de son développement est une forme de maltraitance qu’on appelle maltraitance / abus émotionnel(le) ou psychologique. La frontière est mince avec la parentalité dysfonctionnelle. Il y aurait un continuum entre une bonne parentalité et une parentalité maladaptée. L’abus émotionnel peut conduire à des conséquences plus désastreuses que les autres types de maltraitance et celles-ci se maintiennent à l’âge adulte. Un traumatisme complexe peut alors se déclencher avec des troubles dans sept domaines : l’attachement, la biologie, la régulation des affects, la dissociation, le contrôle des comportements, l’image de soi et la cognition. Le cerveau se modifie et l’enfant – puis l’adulte – devient hypersensible au stress, présente des difficultés à gérer ses émotions. À l’âge adulte, l’abus émotionnel subi durant l’enfance est corrélé aux troubles anxieux et dépressifs. Des addictions et des troubles du comportement alimentaire peuvent se développer, stratégies inadaptées pour gérer ses émotions.

Dans le cas d’un traumatisme complexe dû à de l’abus émotionnel subi durant l’enfance, beaucoup de diagnostics inadéquats sont posés. Bien souvent, les traitements et thérapies classiques ne sont pas efficaces et les personnes répondent mieux aux thérapies utilisées pour le trouble de stress post-traumatique, même si le traumatisme complexe n’en recouvre pas tous les critères.

L’hypnose peut être particulièrement pertinente pour plusieurs raisons. En premier lieu, l’état hypnotique possède plusieurs points communs avec l’état d’une personne traumatisée. Fareng et Plagnol (2014) qualifient la dissociation traumatique de « phénomène « auto-hypnotique » » spontané dans le but de se protéger. L’objectif d’une thérapie en hypnose sera de transformer cette auto-hypnose négative en hypnose positive et de ré-associer la personne. Par ailleurs, l’attachement peut être travaillé, attachement sécure avec le thérapeute, comme dans toute thérapie avec l’installation de l’alliance thérapeutique mais potentialisée par des techniques hypnotiques. La prosodie de la voix du thérapeute, durant une séance d’hypnose, en fait une « musique hypnotique » où le rythme, qui rappelle la voix de la mère qui parle à son bébé, est plus important que les mots pour construire un attachement sécure. Le thérapeute bienveillant peut alors être intériorisé et permettre à la personne d’explorer seule, de mener sa vie sans le thérapeute. D’autres techniques peuvent permettre à la personne par exemple d’intérioriser un parent imaginaire bienveillant ou tout simplement lui-même en tant qu’adulte de manière à acquérir un attachement plus sécure.

De par la nature de la problématique d’un abus émotionnel subi durant l’enfance, la thérapie en hypnose peut nécessiter davantage de séances que d’autres problématiques. Pour ces personnes, il est essentiel de prendre le temps de construire une alliance thérapeutique solide pour les sécuriser.

le terreau et les graines

« La relation humaine, dans sa dimension affective, même si celle-ci ne peut suffire à contribuer seule à l’efficacité thérapeutique, représente le terreau sur lequel pourra potentiellement venir pousser et se développer les graines qui auront été semées. Ainsi, certes l’arrosage et l’entretien sont primordiaux, mais ce terreau qu’est la relation affective entre le patient et le thérapeute, est là, potentiellement déjà dès le premier entretien. »

Christelle Mazevet in L’alliance thérapeutique